Une petite population de bélugas vit dans le Saint-Laurent depuis plus de 10 000 ans. Isolés des populations voisines du Grand Nord, les bélugas du Saint-Laurent sont en voie de disparition.
Fragilisée par l’exposition soutenue aux produits toxiques déversés dans son habitat depuis des décennies, leur population ne s’est jamais rétablie de la chasse intensive du dernier siècle.
L’étude scientifique de leur comportement et le suivi de leur état de santé sont essentiels pour définir et mettre en œuvre des actions concrètes pour le rétablissement des bélugas et la conservation de l’écosystème du Saint-Laurent.
Le Projet Béluga Saint-Laurent est mené avec des scientifiques d’universités et d’ONG canadiennes en étroite collaboration avec l’Institut Maurice-Lamontagne de Pêches et Océans Canada, le Centre Saint-Laurent d’Environnement Canada et le parc marin du Saguenay—Saint-Laurent (Parcs Canada).
Dr Tim Frasier, St Mary’s University
Dr Tyler Bonnell, University of Calgary
Dr Véronique Lesage, Institut Maurice Lamontagne, Pêches et Océans Canada
Dr Angélique Dupuch, Université du Québec en Outaouais
Les carcasses de béluga accessibles et en bon état retrouvées par le programme de surveillance des mortalités sont envoyées au laboratoire de pathologie de l’école vétérinaire de l’Université de Montréal où elles font l’objet d’un examen afin de déterminer la cause de la mort. En croisant les profils génétiques des bélugas morts avec ceux des bélugas de l’album de famille, on étudie les liens entre l’utilisation des habitats et les causes de mortalité. Ce programme de santé et de pathologie, qui se déroule depuis plus de 40 ans, est le plus long au monde pour une espèce de mammifère marin.
L’analyse des contaminants dans les tissus des bélugas retrouvés morts ou prélevés par biopsie permet de suivre l’évolution de la qualité de leur écosystème. Ce programme a permis de détecter des diminutions significatives de plusieurs polluants organiques persistants bannis dans les années 1970. Il a aussi permis de recueillir des preuves de l’émergence de nouvelles classes de produits chimiques industriels au cours des dernières années. Les nouvelles approches en génomique, métabolomique et lipidomique, permettent d’explorer les liens entre la santé et l’exposition aux contaminants.
3MTSim est un simulateur du trafic maritime et des mammifères marins dans l’estuaire du Saint-Laurent et le Saguenay. Il mobilise plusieurs expertises scientifiques incluant la biologie, l’acoustique sous-marine, l’intelligence artificielle, l’économie et la gouvernance environnementale. Le simulateur a été « nourri » de la quasi-totalité des connaissances et données recueillies par le GREMM. Il s’agit d’un outil puissant pour la concertation et l’aide à la décision pour appuyer les démarches de réduction des impacts de la navigation sur les baleines du Saint-Laurent. Il a déjà contribué à plusieurs initiatives de conservation dont la réduction de vitesse des navires dans le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent.