Rorquals communs, rorquals bleus et rorquals à bosse : ces migrateurs au long cours reviennent chaque été dans le Saint-Laurent pour se nourrir. Plusieurs remontent l’estuaire et séjournent à la tête du chenal laurentien, dans les limites du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent.
Si les rorquals à bosse se sont bien remis de la chasse, les rorquals bleus et les rorquals communs sont toujours sur la liste des espèces en péril. Comme nous tous, ces géants font face aux bouleversements entrainés par les changements climatiques.
L’étude scientifique du comportement et des patrons de fréquentation des grands rorquals est essentielle pour soutenir les efforts de cohabitation avec les pêcheurs, la marine marchande et l’industrie de l’observation des baleines.
Dr Cristiane Albuquerque,
Parc marin du Saguenay—Saint-Laurent, Parcs Canada
Samuel Turgeon,
Parc marin du Saguenay—Saint-Laurent, Parcs Canada
Des photos qui en disent long. La photo-identification est à la base de notre travail auprès de ces géants. Les photos récoltées permettent de reconstituer les histoires individuelles des rorquals. Nous retraçons ainsi leurs allers et venues, nous étudions leurs associations et leurs patrons de fréquentation. En couplant les résultats de nos recensements systématiques avec le suivi des proies effectués par l’équipe du parc marin, nous cherchons à mieux comprendre ce qui attire et retient les grands rorquals dans le parc marin.
Dr Stéphane Lair, Faculté de médecine vétérinaire,
Université de Montréal
En jumelant l’analyse d’images captées par des drones légers aux recensements par photo-identification des grands rorquals, nous avons ajouté une nouvelle dimension à notre suivi à long terme. En plus de fournir des indications sur la condition physique des grands rorquals répertoriés, nous sommes en mesure de documenter l’acquisition et l’évolution des marques d’interactions humaines telles que les collisions ou les empêtrements. Ces nouvelles données nous permettront de mieux comprendre l’impact des activités humaines et à évaluer l’efficacité des mesures de conservation visant à mieux partager le Saint-Laurent avec ces géants.
Dr Clément Chion, Université du Québec en Outaouais
En collaboration avec:
Dr Jérôme Dupras, Université du Québec en Outaouais
Dr Tyler Bonnell, University of Calgary
Dr Véronique Lesage, Institut Maurice Lamontagne,
Pêches et Océans Canada
Samuel Turgeon, Parcs Canada
3MTSim est un simulateur du trafic maritime et des mammifères marins dans l’estuaire du Saint-Laurent et le Saguenay. Il mobilise plusieurs expertises scientifiques incluant la biologie, l’acoustique sous-marine, l’intelligence artificielle, l’économie et la gouvernance environnementale. Le simulateur a été « nourri » de la quasi-totalité des connaissances et données recueillies par le GREMM. Il s’agit d’un outil puissant pour la concertation et l’aide à la décision pour appuyer les démarches de réduction des impacts de la navigation sur les baleines du Saint-Laurent. Il a déjà contribué à plusieurs initiatives de conservation dont la réduction de vitesse des navires dans le parc marin du Saguenay Saint-Laurent.